EXPERIENCES

Des clichés et des histoires qui se suivent au rythme d’une vie, avec ou sans narration, avec ou sans fidélité, pouvant être pleins d’essais et de surprises. Ce travail pourrait m'être très personnelles, comme un journal intime mais il peut également vous engager, dans vos propres Expériences.

"Jef couvre l'actualité depuis une quinzaine d'années en cherchant à illustrer ses sujets avec une esthétique simple mais forte qui met en lumière les problématiques, souvent sociales, auxquelles il se confronte. Il veut montrer ce à quoi nous ne faisons plus attention, ce à quoi il faudrait faire attention. Son travail est de capter notre regard, ce n'est pas toujours beau, heureux, mais c'est la recherche d'une image qui va provoquer une sensation"

Jef Baecker - Photographe
Distribué par l'agence Hans Lucas
Tél : +33 (0)6 09 06 54 07
Email : contact@experiences-photos.com

20 août 2017

Appollon 2000

Appollo 2000 est un super héros, il a un grand pouvoir, celui de rendre instantanément la vie des enfants plus belle. Il est rapide, plein de couleurs, et donne aux plus petits la possibilité, pendant 5 minutes d’être quelqu’un de grand et d’important. Jockey derrière les grandes oreilles d’un Mickey volant, princesse élégante de citrouille, Hell Angel d’une énorme cylindrée colorée, pompier sans peur…Appollo 2000 ne se cache pas, ne bouge pas, il est toujours à sa place. Un repère dans la ville.Appollo 2000 a une gouvernante qui s’occupe de lui. Elle s’appelle Pierette et le bichonne chaque jour pour que celui-ci soit toujours pimpant. Pierrette m'a confié que c’est un super héros un peu exigeant, qui se réveille tôt et se couche tard depuis de nombreuses années pour le bien des enfants. Appollon 2000 c'est le plus beau manège pour des enfants.

13 février 2003

Quand nos ordis étaient énormes

Tu imagines ? C'était en 2003. Aux Beaux-Arts de Paris nous avions des ordinateurs quasiment aussi puissants que l'iPhone que j'ai dans la poche. On faisait des trucs de dingues avec. Par exemple, sur cette photo, c'était durant un projet de fin semestre. Ces gros calculateurs nous permettaient de faire de beaux tableaux excel sur lesquels on compilait quelques données pour ensuite les passer dans un logiciel obscur qui faisait des matrices et des fractales de toute cette sauce. Il en résultait des formes que nous étudions très sérieusement en vue d'en faire des projets architecturaux sur lesquels nous pouvions développer de grandes analyses qui partaient super loin. Oui oui.

J'avais un projet de dingue ! J'avais rentré toutes les données des différents états de l'eau ( glace, liquide gazeux ... beaucoup de données quoi ! ) pour avoir une courbe ( de réponse comme on disait ). De cette courbe j'en avais sorti une forme ! Une forme incroyable oui ! Comme une écaille pour habiller les murs des plus belles réalisations architecturales à travers le monde. On m'avait dit " Ça sert à quoi ?", j'avais répondu sérieusement " c'est pour savoir si il va pleuvoir, l'écaille va onduler votre façade en fonction de l'humidité extérieure ". J'avais eu une bonne note... Je crois. Bref, c'était le début du Big Data.

11 mai 2014

Sous son parapluie

Elle traverse New-York d’un pas rapide, décidée à éviter les flaques qui partout essaient de couler ses talons. Elle a son parapluie. C’est lui qui l'a guide à travers la pluie.

8 mars 2022

La ligne rouge

Il est 5h45 le 11 mai 2016 quelque part à la frontière entre la Grèce et la Macédoine. Cette femme est la première à se présenter derrière la ligne rouge peinte sur le mur symbolisant le début de la queue pour la distribution de nourriture. La distribution commencera à 11H... Rapidement des milliers d'enfants, de femmes et d'hommes se colleront à ce mur cherchant l'ombre dans une attente électrique.

9 octobre 2020

Visite Présidentielle rapide

A Breil sur Roya la force, l’entraide, l’humilité, l’humanité, l’accueil, sont des choses fortes que j’ai vécues. En parallèle il y avait la visite du Président... Quelque chose de très cadré, un exercice auquel je n’aime pas du tout participer. L’accréditation oh non je ne l’avais pas demandé. Mon ami Arié me dit « allé viens on va voir ». La fille de la com présidentielle et son collègue ( physio boîte de nuit ? ) me regardent de la tête au pied. Oui j’ai de la boue partout et je suis certainement mal coiffé. « Vous avez fait une demande d’accréditation ? » « Non je n’aime pas trop » « Vous avez une pièce d’identité ? Ok je vous donne une accrédition... mais attention y a des règles. Bla-bla-bla. Il faut les suivre ! » La troupe de journalistes est accompagnée dans un espace bien défini et limité, un endroit duquel il ne faut pas sortir. Un endroit dans lequel je me déplaçais depuis deux jours librement sans finalement cette « autorisation » autour du cou. Nous attendons 2h que tout soit bien en place ( les élus, les bénévoles etc ... ) pour l’Image et que le Président arrive. « Pas le droit de sortir du périmètre Monsieur ! ». Avec Arié ça nous fait marrer de faire quelques pas en trop et de se faire raccompagner. Le Président arrive, c’est con, le micro bien placé est désormais à l’ombre. Il parle. Il semble fatigué. Les journalistes aussi sont fatigués. Tout le monde semble fatigués ... les bénévoles et habitants aussi sont fatigués pour raison. Pas de tour dans le village, non non, la boue et peut être un peu d’hostilité et d’amertume. C’est fini, libérés... tout le monde rentre ? du coup pas images du village et de ses habitants les journalistes « poolés »? Un moment chiant, orchestré et limité pour une communication maîtrisée.

20 juillet 2021

Johnny

Lui c’est Johnny, en vrai c’est Jean-Pierre mais tout le monde à Breil sur Roya l’appelle Johnny. Dans son petit chez lui, il a de la chance, à la suite de la tempête Alex, il n’a pas perdu grand chose, juste l’électricité et l’eau mais de toutes manières c’est pas grave « y a encore Johnny dans le cœur et ça ce qu’il y a de plus fort ».

Johnny, plus jeune, il travaillait dans les boites de nuit de Frejus, comme DJ, il y passait de la disco à l’époque, c’était pour faire danser, ça a été son seul écart à son idole. Parce que la vraie musique, elle est forcément signée Hallyday. « Pas le fils !! Oh non »

Johnny il n’aime pas les copies..

21 mai 2021

Le Livre du camping

Le livre du camping. Celui que l’on a choisi avant de partir. Celui que toute l’année on attend. Celui qui commence les vacances. Qui va faire voyager. Voilà, le plaisir commence, entre les tentes et les sanitaires.

15 avril 2007

Enfant parfois tu ne sais pas

Quand tu es enfant, disons 8, 9 ans et que tes parents te mettent sur le devant de la scène après le discours du politique FN. Des enfants en première ligne aux chants que je ne connais même pas. Les photographes et les télés qui font des images. A quel moment, parent, penses-tu que ton enfant doit être ainsi exposé ? Des positions d'adulte, qu'enfant... tu ne sais pas.

19 octobre 2007

Courir, courir et oublier ses sentiments

Courir, courir et oublier ses sentiments. Peur de vivre dans un monde auquel je m'attends. Je ne veux plus que l'on me dise quoi penser, quoi montrer. Je veux retourner rêver et croire en la simplicité.

6 octobre 2017

S’envoyer en l’air

Il est important de savoir correctement s’envoyer en l’air pour découvrir de nouveaux horizons. D’abord, il faut prendre toutes ses précautions. Toujours être bien équipé pour être prêt à partir. Ne jamais lésiner sur la sécurité. Toujours vérifier que le matériel est impeccable et que l’on ne court aucun risque.

Le mieux c’est au petit matin ou bien le soir devant un coucher de soleil, il faut savoir prendre son temps, observer dame nature et doucement faire monter la température. La chaleur va faire prendre toute sa dimension à l’expérience, ne pas trop tirer sur la corde pour ne pas partir trop vite trop loin. Se laisser aller.
Décollage … les mains s’agrippent au cuir de la nacelle et rapidement se relâchent pour profiter des premières sensations.
En général on vole facilement une bonne heure, c’est quand même un minimum pour être comblé. On a toujours envie de plus, c’est évident.
Atterrissage … parfois avec fracas mais souvent en douceur, c’est le moment où l’on se serre le plus fort, parce que c’est là que tout peut arriver.

Silence, on se regarde, on regarde autour de soi, on ne sait plus où l’on est, parce qu’en plein vol on ne décide pas, on se laisse aller… et c’est bien ça le plus beau.

12 novembre 2006

Le jour où j’ai eu DSK

Quand on fait de la photo de politiques en campagne il faut savoir jouer des coudes. Il y a le discours sur le podium, les salutations aux soutiens et ensuite les hommes pressés filent vers leur voiture direction le prochain meeting. Alors il faut faire vite. Moi je suis plutôt lent pour être devant les collègues. Le jour où j’ai eu DSK, j’ai, par une folie, pour qu’il me regarde, pris la liberté d’entonner la comptine bien connue de chacun « Domini-que-nique-nique ... ». Ça l’a fait marrer... clic-clac. Mes collègues photographe me regardent... il sort d’où celui là. J’étais jeune.

27 décembre 2008

Ta conscience

C'est elle qui balance, ta conscience. C'est elle qui te dit "fais-ci", "fais-ça", "fais pas-ci", "fais pas ça". Tu l'écoutes parfois mais elle t'agace souvent. Le dilemme existe quand tu te dis que quand même c'est ta conscience, alors faut-il l'écouter ? Elle semble plus sage et raisonnable que toi ta conscience. Mais pourquoi ? Que cherche t-elle au juste. Peut-elle prendre le dessus ? Rassure toi. Quand tu te dis que c'est ta conscience, c'est juste peut-être toi dans le fond qui cherche à te rassurer. En fait, tu es toi même plutôt sage d'entendre même ta conscience. Rien de magique au final. Simplement des doutes. Rien de sexy. J'ai commencé à résoudre ce problème en ne la nommant plus conscience. Je la nomme "signes" désormais. Avoir moins l'impression que cela vient de moi mais plus de quelque chose qui guide. Ecouter, non plus sa conscience mais les signes. Cela fait plus rêver non ?

9 septembre 2004

Gourmandise

Un vilain défaut que l'on nous dit. Mais petit déjà on nous donne de l'envie et l'on nous aide à y succomber. La Gourmandise. L'envie d'obtenir, parfois plus forte que le goût exquis. La gourmandise est présente toute la vie et bien heureusement, mais celle-ci était tellement plus satisfaisante lorsqu'enfant, nous avions le droit au trois boules de glace banane, fraise et chocolat qui fondues et mélangées devenaient le plus grand des péchés.

6 mai 2014

L’apprentissage

Voyager pour perdre ses repères, rencontrer, ressentir, apprendre. S’évader un temps et découvrir de nouvelles lumières, de nouvelles odeurs, comprendre de nouvelles cultures. Traverser les frontières et s’arrêter, regarder comme un enfant et capter un ressenti, prendre le temps, se perdre, essayer, se tromper, expérimenter.

4 avril 2008

Savoir bien se placer

Quand j'ai commencé la photographie d'actualité, de news comme on dit, je pense que je devais être sacrément chiant en fait. Y a des règles, et moi les règles je ne les connaissais pas encore. Je crois que je me mettais où il ne fallait franchement pas. Je faisais à l'instinct, où cela me plaisait, où je pensais que cela allait être cool, où l'image serait peut-être plus rigolote, où elle allait me parler... à moi... Je ne savais pas vraiment encore qu'il y avait des règles, par exemple des règles faisant attention à la communication d'un personnage public, les règles de la presse, les règles de ne pas déranger ou se mettre devant dans le champs des collègues... Les règles quoi. Je me faisais parfois sacrément engueuler... Oui vraiment. J'étais encore jeune, cela me faisait rire. Aujourd'hui rien n'a vraiment changé. Je continue à me mettre où je veux. Savoir se placer, anticiper. C'est un plaisir. C'est la photographie même en fait. J'aime essayer de trouver autre chose que l'attendu. Parfois en "news" savoir bien se placer, il semblerait que cela rime avec pousser les autres. Moi je préfère me pousser tout seul, alors je vais voir ailleurs. Faire comme les autres non merci. Peut-être que je suis chiant encore. Car rien n'a changé. ( J'ai un peu vieilli, moins fougueux, j'essaie quand même désormais de ne plus gêner les autres ).

2 juin 2020

A la cool Raoul

Sans sa moto Raoul c’est un mec super cool. Il fait le dur comme ça mais il ne raterait pour rien au monde un petit bain de soleil pour parfaire son bronzage. Il a le spot, c’est à Saint-trop.

1 octobre 2012

Lumière

Lumière c’est le cheval tonnerre, l’indomptable, le rapide comme l’éclair. Il est en liberté dans le champs d’à côté, jamais je n’ai réussi à le photographier sans le voir bouger.

21 mai 2008

Le jour où Emma kiffa mes pompes

C'était au festival de Cannes. J'aime bien faire le festival de Cannes. Je n'ai jamais été accrédité, je n'aime pas ça, et faire la montée des marches, franchement, entassé comme des sardines en costards de pingouins avec tous mes collègues photographes pour essayer de photographier la photo qui fera la Une des bildboards non merci ! Moi ce qui me plait au festival de Cannes c'est de marcher toute la journée, sur la croisette, sur le port, dans les petites rues, sur la plage, trainer dans les soirées improvisées, dans les boîtes branchées, il y a de l'animation, du drôle. J'aime bien marcher, à Cannes j'ai toujours beaucoup marché. Quand tu n'as pas de commande de magazine parce que tu ne fais pas les People, franchement marcher et trainer il n'y a que ça à faire. Quand j'ai rencontré Emma ( oui Decaunes ) c'était dans une petite rue. Les stars c'est pas trop mon truc moi, mais à ce moment là tu sais, y a toujours une petite excitation, un truc un peu couillon qui te pousse à faire comme si tu étais grand un paparazzi. Elle avance vers moi, je commence à prendre des photos, un plein pied, un portrait américain un portrait serré, elle avance encore, je recule, elle avance encore. Trop proche, je baisse l'appareil, elle sourit, et me dit " Tu as l'air sympa toi, mais c'est quoi ces pompes ? ". Je regarde me chaussures, c'est vrai qu'elles ont une sale tête à trainer partout, vraiment sales... Emma passe à côte de moi, pour continuer sa route. Je tente un truc " C'est des Leclerc ". Elle se retourne, clic-clac, elle sourit et me dit " Elles sont vraiment cool, juste un peu sales ". C'était une boutade, je crois qu'elle avait vraiment kiffé mes pompes, elle est franchement sympa Emma.

1 octobre 2006

Le bout du tunnel

Il y a des moments sans, il y a des moments avec. Tu souhaites toujours aller des moments sans vers les moments avec. Arriver à ce que les choses soient plus lumineuses, pouvoir reprendre un souffle d'air. Du frais. Une grande respiration. Les choses plus claires. Arriver au bout du tunnel. Un passage.

4 juin 2021

Le nouvel appareil photo

Quand tu as un nouvel appareil photo, tu es super content alors le premier réflexe, pour savoir comment il marche, c'est de te prendre en photo avec dans une glace. Voilà, j'ai eu nouvel appareil.

21 mai 2021

Où sont mes clés ?

Y du monde, c'est la plage l'été, tu as enfin réussi à te garer. Tu es à l'aise dans ton slip de bain prêt à profiter. Détente totale se sont les vacances " Mais mince, je les mets où mes clés ? "

20 janvier 2008

Je n’ai jamais su faire du skate

Tous mes amis savaient faire du skate, c'était le truc cool. Moi je n'ai jamais su faire du skate. Un truc pas stable, un truc qui file, un truc qui te casse la cheville. Du coup je ne sais pas si j'étais aussi cool que mes amis. J'ai fait du Judo alors et je me suis cassé le bras, je suis devenu un peu plus cool.

21 avril 2016

Sur la jetée

Sur sa jetée il sait où lancer et bien se placer. Il vient là le mardi, le jeudi et parfois le samedi. Son moment à lui. Avec ou sans prise, il rentrera chez lui, tranquille. Un moment à lui.

7 avril 2008

Quand c’est un peu le bordel

Parfois c'est un peu le bordel, alors il faut tenter la photographie à bout de bras. C'est un exercice particulier, tu y arriveras ou bien tu n'y arriveras pas. Le cadrage est souvent approximatif, mais parfois, dans une photographie cafouillis ton bout de bras peu prendre un certain sens.

22 octobre 2017

Le Pouls Deyris

Dans le monde de la course Landaise, Jean-Louis, c’est pas le parrain mais le patron. À la fédération, sa Ganaderia a bonne place et les comités souhaitent sa venue. Comme tout Ganadero, Jean-Louis aime ses vaches, des vaches de compétitions comme Ibiza qui est la championne en titre de la Corne d’or. Ses gars aussi il sait bien les choisir. Entraîneurs, écarteurs, sauteurs il sait les repérer jeunes pour les emmener loin. Des athlètes qui ont gagné tous les trophées cette année.Aujourd’hui, la course a lieu à St Loubouer. C’est la dernière représentation de l’année. Il y présente la cuadrilla avec laquelle il tournera à la saison prochaine. Le vacher, c’est Henri. Un passionné qui connaît la personnalité de chaque vache. Il les amène à l’arène et les installe dans le calme. Ce sont les stars de la journée.Les entraîneurs protègent leurs mains, les sauteurs s’échauffent et les écarteurs répètent leurs mouvements. La pression monte avant de rentrer dans l’arène. L’orchestre s’éveille et appelle les hommes aux costumes colorés. Ils sont tous complices et solidaires car à la course landaise, on ne gagne jamais seul. Faire confiance à son équipe.Écarts, sauts périlleux, sauts vrillés. Le spectacle est garantie avec toutes les émotions que procure ce sport.Le pouls Deyris vous prend aux veines.Pas de blessé, pas de casse. Jean-Louis est satisfait de la journée. L’après-course se déroule sous le signe de la convivialité, public et athlètes trinquent à l’extérieur de l’arène avant le vin d’honneur offert par l’union des clubs Taurins. La plupart rentrent tôt car demain, c’est lundi et on reprend le boulot.